Pourquoi classer

Les rapports DMARC vous montrent des sources, pas des décisions. Un compte actif en voit vite plusieurs milliers : votre serveur de messagerie, votre outil marketing, votre facturation, mais aussi des listes de diffusion, des redirections chez des clients, des scanners, et parfois quelqu’un qui n’a rien à faire là.

Tant que ces sources ne sont pas triées, deux choses restent impossibles :

  • savoir si un échec est grave. Un échec sur un redirecteur est normal, le même échec sur un émetteur inconnu ne l’est pas ;
  • durcir votre politique. Passer en reject sans inventaire, c’est accepter de bloquer des flux légitimes que vous n’aviez pas identifiés.

Classer, c’est convertir du bruit en décisions. C’est le travail de fond de DMARC, et il se fait une fois, puis s’entretient.

Commencer par la file d’attente

File des sources à classer, triée par volume, avec les boutons Légitime, Forwarder, Non légitime et Ignoré
La file À classer met en avant les sources qui pèsent le plus. Ici, 15 sources portent 91 % du volume non classé.

C’est le bon point de départ, et non le catalogue complet. La file est triée par volume, ce qui exploite une régularité constante de ces données : une poignée de sources porte l’écrasante majorité du trafic, et une longue traîne de milliers d’autres ne pèse presque rien. Traiter les quinze premières lignes règle l’essentiel du travail.

Chaque ligne donne le fournisseur reconnu, le domaine concerné, le volume, le taux d’échec et le pays, puis quatre boutons.

StatutQuand l’utiliser
LégitimeVous reconnaissez cet émetteur et il a le droit d’écrire en votre nom : votre messagerie, un ESP, un outil interne
ForwarderUne liste de diffusion ou une redirection. Il relaie votre courrier sans en être l’origine, et casse SPF au passage. C’est attendu, pas anormal
Non légitimePersonne chez vous n’a autorisé cet envoi. Le volume correspondant bascule en menace dans les tableaux
IgnoréSans intérêt et sans risque, du bruit que vous ne voulez plus voir remonter
Le taux d'échec ne décide pas du statut Un émetteur à 0 % d’échec n’est pas légitime pour autant : un usurpateur qui a correctement configuré SPF sur son propre domaine affiche 0 %. Inversement un émetteur à 100 % d’échec peut être parfaitement légitime et simplement mal configuré. Le statut répond à « est-ce que je l’autorise », le taux d’échec à « est-ce que ça marche ». Ce sont deux questions distinctes.

Le catalogue complet

Catalogue des émetteurs légitimes, avec fournisseur, badges, taux d'authentification et volume
L’onglet Émetteurs range l’inventaire en quatre groupes. Ici les légitimes : 697 émetteurs pour 2,8 millions de messages.

Quatre groupes, repliables, dans cet ordre :

  • Légitimes, ce que vous avez validé ;
  • Forwarders et listes de diffusion, isolés parce que leurs échecs SPF n’ont pas la même signification ;
  • À classifier, le stock restant ;
  • IPs sans rDNS, les sources qui n’ont pas de nom d’hôte inverse, donc rien pour les identifier au premier coup d’œil.

Sur chaque émetteur, les badges résument l’essentiel : le type reconnu (ESP), la qualité de l’authentification (Parfait), et auto quand la classification a été déduite automatiquement plutôt que décidée par vous. La date de première apparition et celle du dernier rapport encadrent son activité, et le champ de note permet d’écrire pourquoi vous avez tranché, ce qui vous évitera de refaire l’enquête dans six mois.

Groupe des émetteurs à classifier, avec un compteur de plus de deux mille entrées
Le groupe À classifier contient la longue traîne. Elle ne se traite pas ligne à ligne.

Ce qu’il ne faut pas essayer de faire

Vider la liste à classifier. Deux mille émetteurs à un ou deux messages chacun, ce sont des serveurs isolés, des scanners et des tentatives ponctuelles. Les trier tous coûterait des journées pour un pourcentage négligeable du volume. La file d’attente triée par volume existe précisément pour vous éviter ce piège.

Classer un émetteur d’après son nom. Un nom d’hôte est déclaratif et se choisit librement. Le volume, la régularité et le domaine concerné disent bien plus que l’apparence du nom.

Considérer le travail comme terminé. Un nouvel outil adopté par une équipe apparaît quelques jours plus tard dans la file. Repasser sur la file d’attente une fois par mois suffit à maintenir l’inventaire à jour.

Une fois l’inventaire fait

Quand les sources à fort volume portent toutes un statut, deux choses deviennent possibles. Le tableau d’origine géographique devient lisible, la colonne « Menace ou inconnu » ne contenant plus que ce qui mérite ce nom. Et surtout, vous pouvez durcir votre politique DMARC en sachant ce que vous risquez de bloquer.